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Salut à toi, cher membre de mon Club secret ! |
As-tu hâte, comme moi, aux vacances de Noël ? Ce n’est pas que l’école et les cours ne soient pas assez cool… Mais quand on entend Vive le vent ! et Il est né le divin enfant jouer en boucle dans les magasins, c’est qu’il est temps de s’arrêter un peu et de penser à des choses agréables. Aux cadeaux, par exemple !
Tu te demandes peut-être comment une princesse qui vit dans des palais, qui se promène en limousine et qui est toujours entourée de gardes du corps peut être informée de ces choses-là !
Eh bien, tu sais que je ne suis pas une princesse comme les autres… Et que les endroits comme les centres commerciaux, je connais ça.
Comment ?
Si tu veux bien, je vais te raconter une de mes sorties… secrètes, bien entendu !
Ça m’est arrivé la semaine dernière…
Je rentrais du collège en limo, justement, et Monsieur X me lisait le journal de Massora en plein visage. Ce n’est pas poli de faire ça, mais c’est dans les «mauvaises» habitudes du colonel. Tu croyais peut-être qu’il n’avait que des qualités, mais non !
Soudain, à un feu rouge, je m’avance sur mon siège et je lis un petit encadré sur le journal : «Entrer dans vos rêves, c’est facile avec Gontrand Bérorian.»
Sur le coup, comme ça, je n’ai pas «allumé», comme vous dites au Québec. J’ai lu les quelques phrases qui disaient qu’on a tous le pouvoir de voyager dans nos rêves.
Ça peut te paraître extraordinaire, mais si tu suis mes aventures depuis le début, tu es au courant que c’est exactement ce que je fais quand je suis en mission.
Le feu est passé au vert et Monsieur X m’a regardé derrière sa moustache.
– Votre Altesse, est-ce que ça va ?
Bien sûr que ça allait.
Le soir, après le souper en famille – ce soir-là, exceptionnellement, grand-père et grand-mère ne recevaient ni ministre, ni vedette de cinéma, ni ambassadeurs − j’ai fait semblant de tousser et d’être étourdie.
Ma mère a pensé que je couvais un rhume. (Personne au palais n’ose prononcer le mot « grippe » à cause de ces vaccins dont on nous parle sans cesse.)
Madame Étiquette m’a reconduite dans mes appartements, et je lui ai demandé de me laisser seule. Depuis que je suis entrée au collège, ma gouvernante n’est plus aussi fouineuse qu’avant. Elle m’accorde plus de liberté.
Sitôt la porte refermée, je suis montée dans ma pièce secrète, celle où je garde mes déguisements : perruques, faux nez, lunettes bizarres. Ensuite, je me suis glissée dans le réseau de passages secrets du palais… et je me suis enfuie.
Au coin de l’avenue de Nénucie, j’ai pris l’autobus ! Oui, parfaitement, tu as bien lu. C’était la deuxième ou la troisième fois de ma vie seulement, et j’ai beaucoup aimé ça.
J’avais aussi mon téléphone cellulaire avec sa puce G.P.S. dans ma poche. Et puis, je t’avoue que j’avais laissé un message sur le répondeur du colonel de la garde. Du genre :
«Bonsoir, Monsieur X. Tout le monde croit que je suis dans ma chambre avec un rhume, mais en vérité, je suis sortie… au centre commercial Des Pyramides. Vous me trouverez à la librairie, car je tiens à assister à un événement très important pour moi. Je rentrerai vers 21 h.»
Et vlan !
En semaine, les magasins ferment tard en Nénucie. Comme au Québec, je crois.
Alors, j’arrive au centre commercial… et je ne peux même pas rentrer dans la librairie, tellement il y a de monde ! Comme lorsque je me suis rendue à Montréal au Salon du livre, il y a des cordons et des poteaux qui délimitent un petit corridor. Et les gens attendent en file.
En premier, je me suis faufilée jusqu’à la section «Nouvel Âge». J’ai pris le livre de l’auteur dont j’avais lu l’article dans le journal, et suis allée le payer à la caisse. L’argent venait de ma cassette personnelle. C’est un peu comme mon argent de poche. Chaque année, mon grand-père le roi me donne un certain montant et je pige dedans quand je veux. Il faut que je le gère, bien sûr, mais cet achat était, comme je l’ai dit, très important pour moi.
Ensuite, je me rends à la queue de la file d’attente. Au bout de quinze minutes, encore quatre personnes sont devant moi. En me hissant sur la pointe des pieds, je peux voir le sommet de la tête chauve de l’auteur. Il est assis derrière une table et une pile de son dernier livre.
Il sourit à son lecteur, lui dit bonsoir, parle un peu et lui demande son prénom avant de dédicacer son livre. Il ne reste plus qu’une seule personne devant moi quand j’entends soudain un grand bruit. Tout le monde se retourne…
Accompagné par trois gardes du corps, Monsieur X déboule dans la librairie. Heureusement, il n’y a plus beaucoup de clients derrière moi. Tout de même, les employés du magasin ouvrent de grands yeux.
Le colonel tourne la tête dans tous les sens… jusqu’à ce qu’il me trouve. C’est facile, il n’y a pas beaucoup de jeunes filles dans la librairie. Et même si je porte une perruque noire et de grosses lunettes, le colonel a l’œil pour me repérer. Il s’excuse auprès des gens qui attendent, se faufile jusqu’à moi. Son visage est tout rouge. Il a dû avoir très peur.
Et là, il me murmure à l’oreille sur un ton furieux :
– Altesse, qu’est-ce que ça veut dire? Vous êtes, vous êtes…
Le pauvre, il bredouille !
C’est enfin mon tour de me retrouver face à face avec l’auteur de ce livre qui explique comment voyager dans ses rêves.
– Bonsoir, mademoiselle !
À cet instant, Gontrand Bérorian reconnaît le colonel. Et, forcément, il fait deux plus deux égalent… Éolia!
– Votre Alt…! s’exclame-t-il, ahuri.
Mais me voyant déguisée, il se reprend.
Et Monsieur Monocle, mon majordome, qui est aussi à ses heures un célèbre auteur d’ouvrages sur l’ésotérisme, me dédicace son dernier livre !
Sur le chemin du retour, Monsieur X a voulu savoir pourquoi je n’avais pas simplement demandé à Monsieur Monocle de me signer son livre au palais. Dans le confort de mes appartements, par exemple !
– Princesse, vous êtes trop impulsive ! Imaginez qu’on vous ait reconnue ! Ou qu’un journaliste vous ai prise en photo ! Vraiment, Altesse, je…
Je sais, je suis étrange.
Mais je tenais à assister à une séance de signatures de Monsieur Monocle. C’était important pour moi, car il n’est pas seulement mon majordome.
Il est surtout mon ami.
Bon mois de novembre à toi. Profite bien de chaque jour même s’il y a moins de soleil et que les journées sont plus courtes.
Et tiens, si tu en as l’occasion, pourquoi ne pas en profiter aussi pour aller rencontrer Fredrick D’Anterny, l’auteur de mes aventures, au Salon du livre de Montréal ! Je suis sûre que Fredrick aimerait beaucoup échanger avec toi. Et t’en apprendre un peu plus sur moi, si tu veux. Il me connaît tellement ! Fredrick sera au Salon du livre de Montréal, à la Place Bonaventure, au stand 117 (ERPI-DLM). Voici son horaire :
Mercredi le 18 novembre 2009 : 16h à 18h
Vendredi le 20 novembre 2009 : 16h à 17h
Samedi le 21 novembre 2009 : 13h à 14h
Dimanche le 22 novembre 2009 : 15h à 16h
Si tu le vois, salue-le bien pour moi !
Au plaisir !
Lia
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